« La femme est l’avenir de l’homme »,
Je réponds ici, à une interrogation d’un ami, Vanel, et je ne peux m’empêcher de tenter de dégager ce que l’auteur de cette phrase et de celle qui suit également a voulu dire ou insinuer.
A prendre le vocable « homme » au sens large, englobant, homme se réfère pour nous à Homo sapiens, la race humaine, le genre humain (bi-sexué, soit dit). Dans cette perspective, l’épanouissement plénier de l’individu trouve son fondement dans la libération totale, idéale des deux sexes qui habitent cette planète.
En d’autres termes, la fin de l’asservissement de l’HOMME, des négations de droit et d’accès aux services de base, à la modernité pleine et entière ne sera accomplie que lorsqu’il n’existera plus de citoyen/ne/s de seconde zone, lorsqu’il n’existera plus d’individus dont les libertés et privilèges sont subordonnés aux préjugés, et autres artifices créés dans nos sociétés, soit religieux ou idéologique. Lesquels font d’un genre, le maître de l’autre. Lorsqu’il n’existera plus sur le plan de l’éthique et du droit aucune différence entre les humains, plus particulièrement et plus bizarrement, lorsque de telles différences sont basées sur des conditions objectives pour lesquelles les individus n’y peuvent rien, tel que leur sexe, leur couleur de peau, d’yeux, de cheveux, etc…
En bref, rêver d’une humanité plurielle, sans discrimination aucune, l’ultime utopie, une humanité paritaire, à coup sûr. Les historiennes et historiens ont qualifié, avec autorité, la lutte des femmes pour leur émancipation, comme étant la plus longue que l’humanité ait connue. Une lutte, en continu, contre le servage, l’exploitation, la violence, contre les dénis d’accès de toutes sortes, contre l’obscurantisme. Une longue lutte pour la dignité ! L’avenir de l’Humanité est à ce prix : libérée de tous les ostracismes. La fin de la subordination, de la soumission et de l’aliénation des femmes requiert toutes les énergies masculines et féminines pour y aboutir, dans un coude à coude sororal et fraternel indispensable pour obvier aux réactionnaires, aux récalcitrants/e/s. Car il n’en manque pas, quand, certains paternalisent -le mot ne pouvait être plus juste- et occultent leurs préjugés d’une bonne dose de mauvaise conscience et de protection souvent, d’admiration, parfois.
L’avenir de la gent humaine, comme l’avaient prévu les utopistes du dix-neuvième siècle, sans distinction de classe, de race, peut-être, sans différence de sexe, de religion aussi, pourquoi pas. Aujourd’hui, avec la globalisation, la diversité culturelle gagne de plus en plus nos foyers, grâce à l’internet, malgré la dominante étatsunienne. Rien d’anarchique, mais plutôt une multiplicité raciale, ethnique, où genre et classe semblent être repoussées ou tendent à se dissiper. Une tendance qui mérite d’être suivie et analysée avec intérêt., au-delà des barrières sociales, religieuses et idéologiques.
Oui, il y a un avenir pour l’Homo sapiens, quand nos politiques viseront la globalité de l’être humain, divers et pluriel dans ses besoins et aspirations, mais un (indivis) dans ses droits et devoirs. Alors, selon que vous serez puissant ou misérable, blanc ou noir, croyant ou athée, femme ou noir, les jugements de cour vous rendront justice !
Quant à la formule, « derrière tout grand homme, se cache une (grande) femme », elle m’a tout l’air diminutif. La raison essentielle et apparente, c’est d’être caché/e derrière quelqu’un, fut-il homme ou femme. De plus, j’ajouterais, l’inverse devrait tout aussi prévaloir. Tel n’est pas le cas. Fort souvent, l’homme (h minuscule), prend littéralement ombrage de sa compagne ou conjointe, si cette dernière se trouve en position plus favorable. Pourquoi se cacher, derrière le/la partenaire, alors que l’engagement initial avait mis en relation deux adultes majeurs ? Pourquoi vouloir appuyer ou avaliser une situation de tutelle, là où elle ne devrait pas exister : l’épanouissement intégral (intellectuel, professionnel, personnel, affectif, spirituel) de deux personnes qui prétendent fonder un couple.
C’est un sujet fort passionnant, et je crois que le débat est ouvert pour d’autres positions similaires ou opposées. En ce qui me concerne, puisque la question me fut lancée, je ne souscris jamais à aucune forme de subordination, de soumission (n’en déplaise à la définition biblique) qui tendrait à rendre la femme mineure par rapport à l’homme. Ma position est celle de principe, je me révolte et m’insurge contre toutes formes de discrimination, ma conscience d’être [objectivement] femme, noire et immigrante du quart-monde est suffisante à mon positionnement sur les questions liées à la discrimination plurielle et insidieuse de nos sociétés. Elle fonde et soutient mes convictions. Mon humanité n’est point diminuée. Contre tous les ostracismes, contre toutes les servitudes, contre toutes les discriminations, voilà notre contribution à cette longue lutte.
Dans la solidarité,
Ce 4 mars 2007

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